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Le PDG de Prilux estime que la reprise aura tendance à prendre la forme du logo Nike et durera deux ou trois ans

Carlos A. Pretel réfléchit à la manière dont le secteur de l'éclairage reprendra ses activités après Covid-19

  • Le PDG de Prilux assure que «les entités publiques doivent prendre l'initiative et pousser l'économie. S'ils laissent tout à l'initiative privée ou ils ne fnt que mettre des obstacles, ce sera plus compliqué et plus lent "
  • Après cette expérience, le manager conclut que "Ce n'est pas plus fort celui qui a plus muscle mais qui celui qui s'adapte le mieux"

 

Le Covid-19 s'est déjà étendu à 215 pays, dont l'Espagne. L'OCED (Organisation de coopération et de développement économiques) prévoyait début mars que l'économie mondiale croîtrait de moitié par rapport à ce qui était attendu si la crise s'allongeait et s'aggravait dans le temps. Selon le rapport sur le coronavirus: L'économie mondiale est menacée, une épidémie plus intense et durable du virus pourrait faire chuter la croissance économique mondiale à 1,5%, contre 3,2% l'an dernier. Dans tous les cas, la réponse du gouvernement espagnol et l'action coordonnée seront essentielles. Dans ce scénario, des cadres du secteur de l'éclairage en Espagne ont participé à une rencontre digitale afin d'évaluer la situation et de réfléchir sur la nouvelle situation économique. Parmi eux, Carlos Alberto Pretel, PDG de Prilux, qui a souligné que la reprise «prendra très probablement la forme du logo Nike. Cependant, des mesures seront nécessaires pour relancer l'économie, tout comme elles qui ont été introduites pour l'arrêter. Il est très important que les gens se sentent en sécurité, mais il faut également mettre en place des stimulations activatrices. Si les gouvernements ne font rien, la reprise sera plus lente. Je ne pense pas que ce soit en forme de L ou de V, mais s'il n'y a pas de mesures, cela peut durer deux ou trois ans. "

Sans aucun doute, le Covid-19 a changé le scénario dans lequel nous vivons d'un point de vue économique et social. Après le confinnement, il y aura de nouvelles habitudes et coutumes qui resteront à jamais, comme "le télétravail ou le fait de se laver constamment les mains", explique Pretel. «Dans quelques mois, lorsque nous aurons un vaccin, les pratiques telles que la distance personnelle, les masques et les gants passeront. Je considère que nous sommes des mammifères parce que nous aimons toucher et avoir des gestes affectifs. Je veux que cela reste comme un cauchemar dont nous nous sommes réveillés; mais malereusement ce ne sera pas le cas pour ceux qui ont perdu quelqu'un de proche, ils ne l'oublieront jamais », ajoute-t-il. Depuis la déclaration de l'état d'alarme en Espagne qui a été appliquée le samedi 14 mars avec la publication du décret royal 463/2020, le gouvernement a mis en œuvre de nouvelles mesures sanitaires et économiques. Beaucoup d'entre elles ont été publiées week-end. Cela a contraint les PDG et les cadres à travailler en permanence, y compris les samedis et dimanches, et à être au courant des nouveaux décrets et à pouvoir agir pour leurs entreprises.

«Notre secteur, à l'exception des deux semaines d'inactivité en mars coïncidant avec Pâques, a pu poursuivre l'activité. Dans un pays comme l'Espagne, le tourisme subit de plein fouet le poids du PIB. Ce secteur est sévèrement affecté, non seulement par la fermeture des établissements mais aussi parles différentes actions réalisées par le gouvernement qui n’ont pas contribuer à garder le calme dans ce secteur. Nous espérons que bientôt, dans la phase de reconstruction, nous unirons nos forces et que des mesures et des initiatives seront mises en place pour que tous les secteurs, y compris le tourisme, commencent à fonctionner. Ceci est absolument nécéssaire! Qu'ils cessent s’occuper de choses banales et qu’ils commencent à réaliser des initiatives et à les communiquer à l'environnement national, afin de nous encourager et donner de l’espoir à nouveau. Pour pouvoir pouvoir réaliser des planifications stratégiques autour de ça », demande le PDG de Prilux. Après plus de 40 jours de confinement, les entreprises en général et le secteur de l'éclairage en particulier commencent à penser au retour. "Il semble qu'en mai nous connaîtrons des mesures économiques plus concrètes, mais ce n'est peut-être qu'en juin ou juillet qu'elles commenceront à peser fortement. Un été difficile nous attend où nous sommes tous impatients de retrouver un niveau d'activité proche de ce que nous avions avant le 14 mars. Dans cette situation, les entités publiques doivent prendre l'initiative et pousser l'économie. S'ils laissent tout à l'initiative privée ou mettent des obstacles, ce sera plus compliqué et plus lent ", explique Carlos Alberto Pretel

 

LE RYTHME DYSFONCTIONNEL DU RESTE DES ECONOMIES MONDIALES

Les entreprises internationales, comme Prilux, ont l'avantage ou le désavantage que chaque pays a un rythme différent et les gère de façon très variables. Alors que la Chine a commencé en début d’année, l’ Amérique latine, elle commence que maintenant. "Lorsque janvier et février ont été problématiques en Chine, nous étions très préoccupés par les approvisionnements mais à présent le problème est la demande que, nous l'espérons, sera réactivé dès que possible". À cela, s’ajoute que «l'internationalisation nous donne plus de muscle et de capacité de manœuvre. Bien que le monde soit mondialisé, il y a des pays gère cette crise sanitaire mieux que d'autres qui sont plus lents. Dans notre cas, nous sommes restés sur les marchés les plus proches: en France il y a eu un arrêt de l’activité très brusque, l'Europe de l'Est fonctionne plutôt bien (la virulence du virus y est plus douce), au Portugal ils ont été très rapides et ça marche Mieux que l'Espagne, le Maroc fonctionne également assez bien ... Le marché le plus important pour nous est toujours celui de l'Espagne mais on voit peu à peu comment l'activité diminue, et que des nouveaux chantiers ne démarrent pas ... Nous avions un portefeuille de projets, mais nous verrons dans quelques semaines comment il évoluera et si de nouvelles commandes arrivent. "

 

MESURES GOUVERNEMENTALES ET SECTEUR DE L'ÉCLAIRAGE

 

Concernant les initiatives économiques et fiscales prises par le gouvernement, le PDG de Prilux assure que beaucoup étaient nécessaires et bien ciblés, comme les lignes de trésorerie via les credits ICO, mais l'État a été submergé par un tel volume de demandes que les fonds finnaciers n'ont pas été finalement débloqués. "Des mesures fiscales sont nécessaires mais elles sont insuffisantes, surtout si nous les comparons avec d'autres pays, par exemple en Europe, où elles ont été plus efficaces." Il ajoute que "davantage de mesures devraient être appliquées". Depuis Prilux, Carlos Alberto Pretel affirme que la mondialisation est là pour rester mais progressivement nous observerons comment la production locale se stimule, en particulier dans les industries de base. Les productions locales vont s'accélérer et vont rester. "Bien sûr, le" made in China "va continuer mais ce seront des pays autosuffisants à bien des égards." Dans le secteur de l'éclairage, «l'industrie espagnole doit offrir de l’innovation, de la créativité et de la valeur ajoutée. Ce sont des produits très compétitifs mais ils ne peuvent pas rivaliser avec les prix asiatiques. Il y a des clients pour tout le monde. Il y a ceux qui recherchent le prix et ceux qui recherchent la valeur ajoutée. Il faut écouter le client et proposer des solutions pour que les Chinois viennent derrière. Nous devons être les premiers à le proposer », explique le PDG de Prilux. Comme dernière réflexion, Carlos Alberto Pretel affirme que «ce n'est pas le plus fort celui qui a plus de muscle mais qui celui s'adapte mieux. Les entreprises qui s'adaptent pourront continuer encore plus fortement qu'avant. De nouveaux niches vont apparaître et nous pouvons même nous réinventer, mais toujours en nous adaptant à ce qui vient ".